Si vous n’avez pas encore entendu parler de House of Cards c’est que… non, en fait, vous n’avez aucune excuse. House of Cards est la série phare de Netflix depuis 2013 (l’entreprise américaine qui produit et diffuse des séries originales en streaming).

Alors que la saison 4 arrive le 4 mars 2016, la saison 3, uploadée en intégralité au mois de février 2015, a confirmé que House of Cards était bien l’une des séries les plus addictives du moment.

House of Cards

Frank Underwood (Kevin Spacey), un politicien vénal et calculateur, ne vit que pour devenir un jour Président à la place du Président. Sa charismatique épouse Claire (Robin Wright), tout aussi froide et cruelle que lui, n’hésite pas à l’épauler et à protéger ses plus sombres secrets dans sa quête de pouvoir. Entre politique, complots, sexe et meurtres, il n’y a qu’un pas, et Frank n’hésite pas à le franchir.

Pourquoi une série traitant d’un sujet aussi complexe et à première vue ennuyeux que la politique a-t-elle autant de succès ? Tout simplement parce qu’elle nous donne l’impression de contempler le monde réel, la vraie politique. Si la vie à la Maison Blanche devait être adaptée en téléréalité, cela ressemblerait probablement à House of Cards. Qui ne s’est pas un jour senti frustré à l’idée que le citoyen lambda ignore tout de ce qui se trame en coulisses au gouvernement ? House of Cards est une série dérangeante car dangereusement bien pensée et férocement intelligente. Bien que mettant en scène des personnages cruels et sans pitié, il est quasiment impossible de se voiler la face en martelant qu’il ne s’agit là que d’une fiction, car il est fort possible que de telles intrigues existent, et c’est que qui rend la série si menaçante envers le politiquement correct, et si addictive.

Le journalisme et les médias sont également largement présents dans la série – que serait la politique sans sa publicité ? Tour à tour ennemis et amis, politiciens et journalistes de House of Cards effectuent un ballet mortel ponctué d’alliances fragiles, d’épées de Damoclès et de chantage. Le spectateur, qui s’en remet habituellement aux médias pour se tenir informé de la vie politique, se retrouve ici contraint par une subtile manipulation scénaristique à se glisser dans la peau du gouvernement (ou plutôt de Frank) et à regarder les journalistes tourner en rond, frustrés, rongeant avidement les os qu’Underwood daigne leur jeter. C’est en se retrouvant ligoté du côté sombre de la Force que le spectateur innocent assiste au démontage des rouages de cette belle mécanique huilée qu’est la liberté d’expression.

En plus de jongler avec un sujet aussi délicat que la politique, House of Cards se permet également une certaine familiarité envers le spectateur, comme pour s’immiscer dans ses pensées et tenter de le manipuler, de l’incriminer. En effet, la série use largement d’apartés (brisant ainsi le quatrième mur, la règle qui veut qu’il n’y ait aucune communication entre les personnages et le spectateur par souci de vraisemblance) et de widgets, avec notamment l’apparition de SMS à l’écran, procédé interactif également utilisé dans d’autres séries récentes comme Sherlock.

En bref, House of Cards vous réconciliera définitivement avec la politique, si toutefois vous avez l’esprit assez affuté pour suivre et survivre dans ces méandres diaboliques qui font la vraie vie – ou plutôt la fausse vie plus vraie que nature.

La saison 4 de House of Cards arrive le 4 mars 2016 sur la plateforme Netflix.

Notons qu’en France nous avons aussi nos thrillers politiques : Baron Noir sur Canal+, Marseille bientôt sur Netflix.